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Journée mondiale des enseignants : le REDICI plaide pour une meilleure protection et un mieux-être des enseignantes

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À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre de chaque année, le Réseau des dynamiques institutrices de Côte d’Ivoire (REDICI) a appelé, au cours d’une conférence de presse, à renforcer la protection, le bien-être et la reconnaissance du personnel enseignant, particulièrement des femmes. C’était le lundi 5 octobre 2026 à la Riviera Palmeraie, à Cocody. A cet effet, les animatrices de cette conférence ont également plaidé pour une plus grande implication des enseignants dans les décisions et réformes concernant leur profession.

Placée sous le thème « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs », cette rencontre avec les journalistes s’inscrivait dans le cadre de la commémoration des 60 ans de la Recommandation OIT/UNESCO de 1966 concernant la condition du personnel enseignant.

Pour le REDICI, cette commémoration constitue une occasion de rappeler que la qualité de l’éducation dépend largement des conditions dans lesquelles les enseignants exercent leur métier.

Mme Godo Va Alix Sabine, vice-présidente n°2 du REDICI, a souligné le rôle essentiel du personnel enseignant dans la réussite du système éducatif. « Il n’y a pas d’éducation de qualité sans des enseignants reconnus, respectés, protégés, bien formés et associés aux décisions qui concernent leur métier », a-t-elle déclaré.

Selon elle, les enseignantes sont confrontées à des contraintes qui dépassent parfois le cadre strictement professionnel. Aux responsabilités pédagogiques s’ajoutent notamment les obligations familiales et sociales, l’éloignement géographique ainsi que des conditions de travail parfois difficiles.

À ces difficultés s’ajoutent, dans certains cas, des situations de harcèlement, de discrimination et de violences qui peuvent affecter leur sécurité, leur bien-être et leur capacité à exercer sereinement leur profession. Pour Mme Godo Va Alix Sabine, l’amélioration de la condition enseignante passe donc nécessairement par une meilleure protection des enseignantes, mais aussi par la valorisation de leur contribution au système éducatif.

« Promouvoir la condition enseignante, c’est donc protéger les enseignantes, renforcer leur leadership et reconnaître pleinement leur contribution au système éducatif », a-t-elle insisté.

Le bien-être des enseignants au cœur des préoccupations

Pour le REDICI, un enseignant qui bénéficie de bonnes conditions de travail est mieux disposé à accompagner efficacement les apprenants. L’organisation souhaite ainsi que la parole des enseignants soit davantage prise en compte dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques éducatives.

« La parole et l’expérience des enseignants doivent être davantage prises en compte dans les réflexions et les réformes qui touchent à leur métier », a soutenu Mme Godo Sabine. Cette participation apparaît, selon le réseau, comme une condition importante pour garantir l’efficacité des réformes engagées dans le secteur de l’éducation.

Face aux différentes difficultés identifiées, le REDICI a formulé plusieurs recommandations à l’endroit des autorités éducatives et des partenaires du système éducatif. Le réseau préconise notamment le renforcement de la prévention des violences, du harcèlement et des discriminations en milieu scolaire, ainsi que la mise en place de mécanismes de signalement et de prise en charge facilement accessibles.

Il appelle également à améliorer les conditions de travail et d’affectation, particulièrement dans les zones éloignées, en prenant davantage en compte les réalités familiales des enseignantes.

Le REDICI souhaite, par ailleurs, voir davantage de femmes accéder aux postes de direction, d’encadrement et de décision dans le secteur éducatif.

À cela s’ajoutent la nécessité de développer l’écoute et l’accompagnement psychosocial du personnel enseignant et de renforcer le dialogue avec les enseignants et leurs organisations, notamment les associations d’enseignantes.

Le REDICI favorable au dialogue avec la tutelle

Au cours des échanges avec les journalistes, la secrétaire générale du REDICI, Dr Safiétou Koné, a expliqué que le réseau entend accompagner les initiatives du Ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET) et du gouvernement. Elle a notamment relevé la participation régulière du REDICI aux activités et formations initiées par le ministère.

« Quand il y a des actions comme des formations venant du MENAET, le REDICI est chaque fois invité », a-t-elle indiqué. Dr Safiétou Koné a également évoqué l’existence d’un secrétariat permanent au niveau du ministère, qui permet aux associations et organisations du secteur de maintenir un cadre de dialogue avec la tutelle.

Pour elle, cette concertation doit permettre d’améliorer progressivement la situation du personnel enseignant. L’objectif, a-t-elle expliqué, est de faire en sorte que « à terme, l’enseignant ait une place beaucoup plus enviable que celle d’aujourd’hui ».

La sécurité des enseignantes, une priorité

La question de la sécurité des enseignantes a occupé une place importante dans les échanges. Pour le REDICI, aucune enseignante ne devrait être contrainte d’exercer son métier dans un environnement où elle se sent menacée, harcelée ou vulnérable. Mme Godo Va Alix Sabine a ainsi insisté sur la nécessité de créer les conditions permettant aux enseignantes affectées dans toutes les régions du pays d’exercer leur profession dans la sérénité.

« Le REDICI souhaite que leurs sœurs, là où elles se trouvent sur l’ensemble du territoire, se sentent en sécurité afin de mieux exercer leur métier », a-t-elle déclaré. Cette préoccupation est d’autant plus importante que l’enseignante joue un rôle majeur dans l’éducation et l’encadrement des enfants et des jeunes.

Le bien-être des enseignants comme une condition sine qua non

De son côté, Dr Safiétou Koné a inscrit le plaidoyer du REDICI dans la perspective de l’Objectif de développement durable 4 (ODD4) consacré à une éducation de qualité.

Pour la secrétaire générale du réseau, il ne peut être question d’améliorer durablement la qualité de l’éducation sans prendre en compte le bien-être de ceux qui sont au cœur de l’acte éducatif.

« Pour avoir une bonne éducation, c’est-à-dire de qualité, il faut prendre en compte intégralement le bien-être des enseignants », a-t-elle rappelé. Avant d’ajouter : « ce bien-être, au niveau du REDICI, est une condition sine qua non pour que l’enseignement, l’éducation, la qualité de l’éducation soit relevée dans notre pays. »

Cette position rejoint l’idée selon laquelle les politiques visant à améliorer les résultats scolaires doivent nécessairement intégrer les conditions de travail et de vie du personnel enseignant. En somme, tout en formulant ses recommandations, le REDICI a tenu à saluer les efforts consentis par l’État de Côte d’Ivoire en faveur du système éducatif.

Mme Godo Va Alix Sabine a notamment adressé un message de reconnaissance au Dr Koffi N’Guessan, ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, tout en réaffirmant la disponibilité du réseau à accompagner les pouvoirs publics. Le REDICI entend ainsi inscrire son action dans une démarche de partenariat avec les autorités éducatives, avec pour objectif de contribuer à l’amélioration de la condition enseignante et, au-delà, de la qualité du système éducatif ivoirien.

La conférence de presse s’est tenue en l’absence de la présidente du REDICI, Sepi Emma Nadège-Dabagaté, en mission. Aux côtés de Mme Godo Va Alix Sabine et de Dr Safiétou Koné, étaient notamment présentes Mme N’Dé Mirosel, responsable du service communication, ainsi que plusieurs membres du réseau.

Félix Yao

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