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Enseignement supérieur : les mérites du Prof Adoubryn Koffi Daho hautement reconnus par la SIPAM et l’INSP

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L’amphithéâtre Delormas, situé au sein de l’Institut national de santé publique (INSP) dans la commune du Plateau à Abidjan, a connu une ambiance particulière, le mardi 7 juillet 2026. En effet, la Société ivoirienne de Parasitologie et Mucologie (SIPAM), en étroite collaboration avec l’INSP, avait choisi ce cadre pour rendre un vibrant hommage à l’une de ses figures emblématiques : le Prof Adoubryn Koffi Daho, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cette journée restera gravée dans les archives de la SIPAM comme un moment mémorable de reconnaissance envers un homme dont l’apport à la Recherche et à l’Enseignement a été inestimable.

La cérémonie s’est ouverte sous le signe de la gratitude et du respect intergénérationnel. Prof Kamagaté Mamadou, au nom du président de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké, Prof Koffi Kouakou, a tenu à témoigner sa profonde reconnaissance à l’ensemble des maîtres réunis pour la circonstance. « Chers maîtres, soyez-en honorés. Et merci de nous avoir donnés l’ensemble de cette connaissance, qui nous a permis également d’avoir de la lumière à Bouaké puis à Korhogo », a-t-il déclaré.

Prof Adoubryn Koffi Daho habillé en tenue traditionnelle Akan.

Son discours s’est particulièrement adressé au professeur Adoubryn, rappelant que c’est à l’Université de Cocody qu’ils avaient été repérés et intégrés dans une dynamique associative par leurs aînés et devanciers (Prof Adoubryn et Prof Akoua Koffi). Et depuis lors, ils sont restés inséparables, tant sur le plan personnel que professionnel. Le Prof Kamagaté a souligné le rôle de guide essentiel joué par ces mentors durant les phases cruciales de leur formation, notamment lors de l’Internat et de l’Assistanat.

Malgré leur âge avancé à l’époque, les profs Adoubryn et Akoua faisaient preuve d’une sollicitude constante, accompagnant leurs étudiants aussi bien dans leurs voyages que dans la résolution de problèmes académiques. « Ils nous ont montré le chemin », a-t-il révélé. Il a ajouté que cette bienveillance et cette simplicité se sont poursuivies lorsqu’ils sont devenus collègues à l’Université de Bouaké. « Je fais ce témoignage parce que ce n’est pas toujours aisé de rencontrer des personnes de qualité comme le Prof Adoubryn, qui ont un cœur ouvert et sont prêtes à tout donner », a confié le représentant du président de l’UAO.

En déclarant officiellement ouverte cette cérémonie d’hommage. De son côté, le Prof Jean T. Coulibaly, président de la SIPAM, a exprimé avec humilité l’honneur de prendre la parole devant un tel parterre d’autorités. « C’est un privilège pour moi d’être devant ce parterre d’autorités », a-t-il débuté, marquant son respect pour ces « maîtres d’amphithéâtres ». Il a rappelé avec fierté que la SIPAM, forte de 14 ans d’existence (créée en 2013), continue d’apprendre auprès de ces sommités du savoir et du savoir-faire.

Le Prof Coulibaly a retracé brièvement l’historique de la société, notant que le Prof Adoubryn Koffi Daho en avait été le deuxième président, succédant directement au Prof Hervé Ménan. « C’est une société qui regroupe plusieurs chercheurs, praticiens, techniciens et autres. Nous travaillons dans une communion fraternelle comme une famille. Aujourd’hui, nous avons décidé d’honorer un homme à cause de sa grandeur et de tout ce qu’il fait », a souligné le président Coulibaly.

Par extension, cet hommage s’adresse à tous les maîtres qui ont tracé les sillons de la recherche en Côte d’Ivoire, contribuant ainsi à l’aisance de vivre de la population. « Vous méritez le titre de pères. Parce qu’un père n’est pas seulement celui qui s’occupe de nourrir son enfant, mais un père est celui qui assure l’épanouissement intellectuel, social et sécuritaire. Et cela, à tous points de vue », a affirmé le quatrième et actuel président de la SIPAM. Le Prof William Yavo, directeur de l’INSP, a, à son tour, exprimé l’honneur ressenti par tout l’institut qu’il dirige.

Des connaissances et invités venus soutenir le célébré.

« L’INSP est honoré d’accueillir cette cérémonie à l’honneur d’un grand homme : le Prof Adoubryn Koffi Daho », a dit le directeur de l’INSP en souhaitant le traditionnel « Akwaba ». Il a rappelé que l’honoré du jour a beaucoup apporté à chacun, et particulièrement à lui-même, non seulement par la qualité exceptionnelle de son enseignement, mais surtout par son exemple en matière de rigueur scientifique et son modèle d’humilité.

« Merci pour tout ce que vous faites pour la grande famille des parasitologues de Côte d’Ivoire, voire d’Afrique. Je dirai pour la grande famille médicale et scientifique. Parce que vous avez été vice-doyen de recherche de l’Université Alassane Ouattara », a-t-il affirmé, précisant que l’INSP reste ouvert à tous ceux qui solliciteraient son expertise. Avant de tirer sa révérence des amphithéâtres, le parcours académique et professionnel du Prof Adoubryn Koffi Daho se révèle riche et dense.

De 2016 à 2023, il a exercé les fonctions de vice-doyen chargé de la pédagogie à l’UFR des Sciences Médicales de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Auparavant, de juin 2010 à novembre 2016, il était vice-doyen chargé de la Recherche au sein de la même UFR. Entre 2008 et 2010, il assurait la responsabilité d’année des étudiants de sixième année (B4). Plus remarquable encore, de juillet 2005 à septembre 2023, il a été le responsable de l’enseignement de la Parasitologie à l’UFR des Sciences médicales de Bouaké, formant ainsi plusieurs générations de spécialistes. Au-delà de ses fonctions universitaires, le Prof Adoubryn a occupé des postes stratégiques au niveau national et international.

Pr Adoubryn en compagnie de certains invités.

Il a été membre du mécanisme national de coordination du Fonds mondial, expert national auprès des programmes de santé et expert auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ses mérites ont été reconnus par l’État ivoirien, lui valant une attestation de reconnaissance du Ministère de la Fonction publique et le grade d’officier dans l’ordre du Mérite de l’Éducation nationale. Sur le plan scientifique, son bilan est impressionnant : plus de 200 publications scientifiques et l’encadrement de 50 thèses et mémoires sélectionnés.

La cérémonie, hautement symbolique, a été ponctuée par un ballet de témoignages émouvants provenant de ses anciens étudiants, de ses pairs ivoiriens et de collaborateurs internationaux. Ainsi que de nombreux présents. Cet événement, qui a mobilisé le Ministère de tutelle, les représentants des différentes universités du pays, ainsi que les parents et amis du professeur, s’est achevé dans l’allégresse et la convivialité autour d’un cocktail, scellant ainsi une journée dédiée à la célébration d’une vie dédiée à la science et à l’humanité.

Félix Yao

 

Propos recueillis

 

Prof Adoubryn Koffi Daho :

« Je voudrais surtout exprimer ma gratitude pour tout l’honneur que mes maîtres m’ont fait en me jugeant digne d’être célébré »

Il y a des moments où les mots et les expressions deviennent incapables d’exprimer ou de traduire les sentiments, l’émotion et le ressenti. Je suis très ému par cette grande cérémonie organisée à mon honneur devant les maîtres que dis-je, mes « méga mètres », mes aînés, promotionnels, collègues, amis et parents ici présents. Avant toute chose, je remercie le seigneur pour tous ses bienfaits. Il m’a accordé la grâce d’achever ma carrière et partir à la retraite en bonne santé apparente. C’est lui qui nous permet également de nous retrouver ici ce jour pour nous réunir. Je remercie M. Coulibaly T. Jean, le président de la SIPAM et toute sa grande équipe ainsi que tous les membres de la SIPAM pour l’organisation de ce grand et inoubliable honneur devant tous mes maîtres. J’imagine tous les efforts et sacrifices énormes qu’ils ont dû consentir pour cet événement.

Je leur témoigne toute ma reconnaissance pour la considération qu’ils ont toujours manifestée à mon égard. Je prie le Tout-Puissant pour qu’il leur permette d’atteindre leurs objectifs. Je voudrais surtout leur exprimer ma gratitude pour tout l’honneur qu’ils m’ont fait en me jugeant digne d’être célébré. Et en plus de cette célébration, ils m’ont offert de beaux et symboliques présents.

Je remercie également le Prof Kouakou Koffi, président de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, président d’honneur de cette cérémonie. Il a accepté d’être président, je lui exprime toute ma reconnaissance. Que les personnes qui l’ont représenté en ce jour, lui traduisent toute ma gratitude.

Qui suis-je ?

Je suis M. Adoubryn Koffi Daho né en 1957 selon les documents administratifs à Gbanan, un village de la Sous-préfecture de Bondoukou. J’ai débuté la scolarité à l’EPP de Laoudi-Bâ situé à 10 ou 12 kilomètres. Et j’ai fait les études secondaires au collège moderne de Bondoukou. Collège et ensuite lycée.  Les études universitaires, à l’Université nationale de Côte d’Ivoire. Depuis le premier cycle de l’enseignement secondaire, certains de mes enseignants et surtout certains camarades, m’avaient prédit une carrière de médecin et m’avaient surnommé docteur.

Lorsque j’avais obtenu le baccalauréat, naturellement, j’ai choisi les études médicales. Et je fais partie de la 15è promotion de la Faculté de Médecine d’Abidjan. C’est au cours de la troisième année, j’ai appris l’importance des maladies parasitaires dans notre pays à travers les cours du professeur Jean- Doucet. Dès lors, mon choix était fait. Mais, en 4è année, j’ai été ajourné en Parasitologie en compagnie de cinq autres camarades (4 garçons et 2 filles). Cela a renforcé ma conviction et mon intérêt pour la Parasitologie.  Et plus tard, j’ai opté pour un sujet de thèse sur le paludisme.

À partir de la 6ème année, …mes camarades m’appelaient professeur. Donc, après l’Internat, le doctorat, j’ai été admis au concours d’assistanat en 1993. J’ai été affecté au CHU de Cocody au laboratoire de Parasitologie à l’UFR des Sciences Médicales (faculté de médecine avant). Je suis resté là jusqu’à 2005 où j’ai été muté à l’UFR des Sciences Médicales et au CHU de Bouaké. J’ai été promu Maître de Conférence agrégé en Parasitologie à la suite du treizième concours du CAMES à Bamako en 2006.

Par Félix Yao

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