Résultats du PASEC, classes surchargées, prime d’incitation, kits scolaires et carrière des Instituteurs Adjoints sont des thèmes abordés par le secrétaire général national du Syndicat (SGN), la Coalition des enseignants pour la conquête de leurs droits (CECOD), Armel Yavo, également porte-parole de la Coalition du Secteur éducation formation de Côte d’Ivoire (COSEF-CI) et membre de l’IS-MENA/METFPA, dans son intervention ce lundi 26 octobre 2026, sur les réseaux sociaux. Pour lui, la recherche d’une école performante exige un débat de fond sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage et non sur l’accusation des enseignants sur les antennes de télé.
Le débat sur la qualité de l’éducation en Côte d’Ivoire doit-il se limiter aux performances des enseignants ? Pour Armel Yavo, secrétaire général national de la Coalition des enseignants pour la conquête de leurs droits (CECOD) et porte-parole de la Coalition du secteur éducation-formation de Côte d’Ivoire (COSEF-CI), la réponse est non. Dans une intervention faite ce lundi 26 octobre 2026, il a appelé à recentrer les discussions sur les difficultés structurelles qui affectent le système éducatif ivoirien.
Alors que les enseignants sont régulièrement au centre des débats médiatiques, le responsable syndical estime que les préoccupations essentielles de l’école ivoirienne risquent de passer au second plan. Il cite notamment la motivation du personnel enseignant, les conditions de travail dans les établissements, la situation des Instituteurs Adjoints et les besoins des élèves.
Les performances scolaires, une responsabilité collective
Pour le SGN de la CECOD, les résultats obtenus par les élèves doivent conduire à une réflexion collective sur le fonctionnement du système éducatif. Il estime que la recherche des causes des difficultés scolaires ne saurait se réduire à la mise en cause des enseignants.
Il invite plutôt les acteurs de l’éducation à examiner les conditions dans lesquelles les cours sont dispensés, les ressources disponibles dans les établissements et les moyens accordés au personnel éducatif pour accomplir sa mission.
Les effectifs pléthoriques dans les salles de classe constituent, à l’entendre, une préoccupation importante. Lorsque les élèves sont nombreux, le suivi individuel, la correction des exercices et l’accompagnement des apprenants en difficulté peuvent devenir plus complexes pour les enseignants.
Dans cette perspective, les résultats des évaluations du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC) devraient, selon le responsable syndical, encourager un examen approfondi des facteurs qui influencent la qualité des apprentissages.
L’enjeu est de déterminer les mesures nécessaires pour améliorer les performances scolaires, plutôt que de rechercher des responsables sans prendre en compte l’ensemble des réalités du terrain.
La motivation des enseignants, un enjeu pour la qualité de l’éducation
Au cœur des préoccupations exprimées par Armel Yavo figure la question de la prime d’incitation des enseignants. Le porte-parole de la COSEF-CI considère son octroi comme un moyen de reconnaître les efforts du personnel éducatif et de renforcer sa motivation professionnelle.
Cette revendication renvoie à une question fondamentale : comment améliorer durablement les apprentissages sans accorder une attention suffisante aux conditions de travail et de vie des enseignants ?
Pour le membre de l’IS-MENA/METFPA, la performance du système éducatif dépend également de la capacité des pouvoirs publics à répondre aux préoccupations du personnel enseignant.
Il appelle ainsi à un débat constructif sur les mesures susceptibles de valoriser la profession et de permettre aux enseignants d’exercer dans des conditions favorables à la réussite des élèves.
Le cas des Instituteurs adjoints encore une préoccupation majeure
La situation des Instituteurs adjoints représente un autre point majeur de son intervention. Armel Yavo s’interroge sur les possibilités d’évolution professionnelle offertes à ces agents, dont certains possèdent des diplômes supérieurs au niveau requis pour leur recrutement. Il relève notamment que des Instituteurs adjoints titulaires du baccalauréat ou de diplômes universitaires comme la Licence, le Master et même le Doctorat peuvent rencontrer des difficultés pour accéder au grade d’Instituteur Ordinaire.
Le responsable syndical rappelle également que 9 000 Instituteurs adjoints auraient été recrutés en 2026 par la Fonction publique ivoirienne, à la demande du ministère chargé de l’Éducation nationale, selon les chiffres qu’il avance.
À ses yeux, cette situation pose la question de la reconnaissance des qualifications, de la progression de carrière et de la motivation de ces professionnels qui participent au fonctionnement quotidien des écoles.
Il estime qu’une réflexion sur l’avenir de l’école ivoirienne doit nécessairement intégrer la valorisation des différentes catégories de personnels éducatifs.
Les besoins des apprenants à placer au centre des débats
Au-delà des revendications des enseignants, Armel Yavo attire également l’attention sur les difficultés rencontrées par les élèves. Le porte-parole de la COSEF-CI déplore notamment le fait que certains élèves attendent encore leurs kits scolaires.
Cette préoccupation souligne la nécessité de considérer simultanément les conditions de travail des enseignants et celles dans lesquelles les enfants apprennent.
La disponibilité des fournitures scolaires, les infrastructures, les équipements pédagogiques et le nombre d’élèves par classe sont autant de facteurs qui méritent d’être pris en compte dans les politiques d’amélioration de la qualité de l’éducation en Côte d’Ivoire, relève-t-il.
Pour le SGN de la CECOD, les enseignants et les élèves ne doivent pas être opposés dans le débat public. Leurs intérêts sont étroitement liés : les premiers ont besoin de conditions favorables pour transmettre les connaissances, tandis que les seconds doivent bénéficier d’un environnement propice à leur réussite.
Repenser le débat sur l’école ivoirienne
À travers son intervention, Armel Yavo invite les autorités éducatives, les organisations syndicales et les autres acteurs du secteur à privilégier un dialogue fondé sur les difficultés concrètes rencontrées dans les établissements.
La question de la prime d’incitation, la revalorisation de la carrière des Instituteurs Adjoints, la gestion des effectifs et la disponibilité du matériel scolaire constituent, selon les préoccupations qu’il soulève, des sujets qui méritent une attention soutenue.
Au fond, son interpellation pose une question essentielle pour l’avenir de l’éducation en Côte d’Ivoire : peut-on améliorer durablement les résultats scolaires sans agir sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage ?
Pour Armel Yavo, la recherche d’une école plus performante doit passer par la prise en compte de ces réalités. Une démarche qui suppose de dépasser les accusations, de mieux écouter les acteurs de terrain et de rechercher des solutions adaptées aux besoins des enseignants comme à ceux des élèves.
Benoît Kadjo